Veille · Fins de support
Windows Server 2016 : l'ESU n'est pas le plan B qu'on croit
Il reste 126 jours avant la fin du support étendu. Le filet de sécurité que tout le monde évoque a trois trous — et aucun n'est visible avant d'essayer de s'en servir.
Le calcul que peu de gens font
Windows Server 2016 sort du support étendu le 12 janvier 2027. Après cette date, plus aucun correctif de sécurité — sur des machines qui portent souvent l'Active Directory, les partages de fichiers, les applications métier et SQL Server.
Une migration vers 2022 ou 2025 demande de l'inventaire, des tests applicatifs et des fenêtres de maintenance. Pour un parc de taille moyenne, comptez trois à six mois.
Posez les deux chiffres l'un à côté de l'autre. 126 jours de délai, trois à six mois de chantier : la décision ne se prend pas en janvier, elle se prend maintenant. Et si elle est déjà prise, c'est le calendrier d'exécution qui se joue ce trimestre.
« De toute façon il y a l'ESU »
C'est la phrase qui clôt la plupart des discussions sur le sujet. Les Extended Security Updates existent bien pour Server 2016 : jusqu'à trois ans de correctifs après la fin de support, soit janvier 2030 au plus tard.
Sauf que ce filet a trois trous, et qu'on ne les découvre généralement qu'au moment de vouloir s'en servir.
Les trois trous
Ce qui rend l'ESU inutilisable comme plan
Le prix n'est pas publié
Microsoft n'a pas annoncé le tarif ESU de Windows Server 2016. Les pourcentages qui circulent — souvent « 75 % du prix de licence la première année, puis 100 %, puis 125 % » — sont extrapolés des programmes précédents, et les sources se contredisent entre elles : certaines annoncent un doublement annuel, d'autres une progression linéaire.
L'inscription est cumulative
C'est le point le plus coûteux, et le moins connu. Rejoindre le programme en deuxième année n'exonère pas de la première : il faut payer rétroactivement les années non souscrites.
Les licences OEM et retail sont exclues
L'ESU suppose un accord de licence en volume actif, un abonnement Visual Studio, ou un passage par un partenaire CSP. Un serveur acheté avec sa licence OEM préinstallée n'y a pas droit.
Et même quand les trois conditions sont réunies, l'ESU ne livre que les correctifs classés critiques et importants. Pas de correctif fonctionnel, pas de nouveau pilote, pas de support technique. C'est un pont, conçu et tarifé pour qu'on ait envie d'en descendre.
Ce qu'il faut faire
Trois piles, ce trimestre
L'inventaire d'abord, l'arbitrage ensuite
1. Recensez les serveurs 2016 — et le canal de leur licence. C'est la donnée qui décide de votre éligibilité à l'ESU, et personne ne l'a sous la main. Elle est dans les bons de commande, pas dans la console d'administration.
2. Rangez chaque machine dans une des trois piles. Ce qui migre (la majorité). Ce qui s'éteint — un serveur d'application dont plus personne ne se sert existe dans tous les parcs. Ce qui a réellement besoin du pont : une application métier dont l'éditeur n'a pas encore certifié 2022, typiquement.
3. Demandez le devis ESU à votre partenaire dès qu'il existe, pour la troisième pile uniquement. Et gardez à l'esprit que ce partenaire est souvent celui qui facturerait la migration : son conseil est informé, il n'est pas neutre.
Les autres échéances qui tombent d'ici 2027 sont suivies dans le radar des échéances, avec leurs compteurs à jour.
Sources : Microsoft Q&A — ESU pour Windows Server 2016 (éligibilité, durée, inscription cumulative, absence de tarif publié), Microsoft Lifecycle pour la date, et The Register sur l'état des programmes ESU 2026. Les conditions de licence varient selon les accords : synthèse de veille, pas un conseil en licensing.
Combien de serveurs 2016 tournent encore chez vous ?
Si la réponse demande réflexion, c'est déjà l'inventaire qui manque — pas la migration.
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