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VMware après Broadcom : le chiffre qui circule est faux
Le minimum de 72 cœurs, cité dans à peu près toutes les discussions sur le sujet, a été retiré en avril 2025. Ce qu'il reste de vrai suffit largement à justifier une décision — mais ce n'est pas la même décision.
Ce que tout le monde répète
Fin mars 2025, une note de Broadcom circule : le minimum de licence VMware passerait de 16 à 72 cœurs par commande. Un serveur avec un processeur 8 cœurs devrait donc payer pour 72. La réaction est immédiate et massive.
Autour du 10 avril 2025, Broadcom fait marche arrière et maintient le minimum de 16 cœurs par processeur. Interrogée, l'entreprise déclare même n'avoir jamais annoncé de changement de prix.
Dix-huit mois plus tard, le chiffre de 72 continue pourtant de circuler — dans des articles de blog, des comparatifs de migration, et des conversations de couloir. J'ai vu des budgets bâtis dessus.
Pourquoi ça compte, au-delà de l'exactitude
Un client qui croit devoir licencier 72 cœurs pour un hôte bi-socket 8 cœurs calcule un surcoût qui n'existe pas. Il peut décider de migrer — un chantier de six à douze mois — sur une prémisse fausse.
Or une migration d'hyperviseur décidée pour la mauvaise raison coûte aussi cher qu'un renouvellement subi. Les deux erreurs sont symétriques.
Ce qui est vrai
Les changements réels, eux, sont structurels
Retirer le mythe des 72 cœurs ne fait pas disparaître le sujet. Ce qui a effectivement changé depuis le rachat est plus profond qu'une histoire de seuil :
Les licences perpétuelles n'existent plus
Le modèle est passé entièrement à l'abonnement. Une licence achetée définitivement il y a cinq ans continue de fonctionner, mais elle ne reçoit plus de mise à jour ni de support une fois la maintenance échue. C'est une échéance, pas un mur — mais c'en est une.
Le catalogue s'est replié sur quelques offres groupées
La quarantaine de références d'avant a laissé place à un petit nombre de bundles articulés autour de VMware Cloud Foundation et vSphere Foundation. Conséquence directe : beaucoup de clients paient désormais des composants qu'ils n'utilisent pas, parce qu'ils sont dans le paquet.
La facturation est au cœur, avec un plancher de 16 par processeur
Le plancher pénalise les petits hôtes : un processeur 8 cœurs est facturé 16. Sur un parc de deux ou trois serveurs modestes, l'écart est réel — mais il se compte en dizaines de cœurs, pas en centaines.
Les renouvellements ont augmenté, parfois beaucoup
Les multiplicateurs rapportés par les clients et les revendeurs vont du simple au double jusqu'à des facteurs bien plus élevés. Ce ne sont pas des tarifs publics : ils dépendent du contrat antérieur, du volume et de la négociation. Prenez-les comme un signal, jamais comme une base de calcul.
Ce qu'il faut faire
Aborder le renouvellement sans se faire porter par l'urgence
La question n'est pas « faut-il quitter VMware ». Elle est « qu'est-ce que je paie, pour quoi, et qu'est-ce que coûterait vraiment l'alternative ». Dans cet ordre.
Quatre choses à établir avant toute discussion
1. Le décompte exact de cœurs et la date de fin de contrat. Pas une estimation. C'est la seule base sur laquelle un devis peut être vérifié.
2. Ce que vous utilisez réellement du bundle. vSAN, NSX, Aria : si vous n'en exploitez aucun, vous payez une plateforme pour n'en utiliser que l'hyperviseur. C'est un argument de négociation, et un critère de comparaison.
3. Le coût complet de l'alternative, pas son prix de licence. Proxmox, Hyper-V et Nutanix ont des tarifs de licence très différents de VMware. Mais la migration se paie aussi en compatibilité de la sauvegarde, en refonte du PRA, en formation, en support, et en semaines d'ingénierie. C'est là que les comparatifs optimistes se cassent.
4. Qui vous conseille, et ce qu'il facture ensuite. Le prestataire qui revend la licence est souvent celui qui facturerait la migration. Ça ne le disqualifie pas — il connaît votre plateforme mieux que quiconque. Mais son avis n'est pas neutre, et il ne prétend pas l'être.
Sources : heise online — VMware backs down on the 16-core minimum et Licenseware — VMware walks back the licensing change. Les conditions contractuelles varient selon les accords : ce texte est une synthèse de veille, pas un conseil en licensing.
Un renouvellement qui approche ?
Un regard extérieur sur le devis, l'usage réel de la plateforme et le coût vrai des alternatives — avant la signature, pas après.
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