Veille · IA & conformité
AI Act — le calendrier réel
Quatre jalons étalés de 2025 à 2028, dont trois sont déjà derrière nous. Ce qui vous oblige aujourd'hui, et ce qui vous laisse du temps.
Ce qui s'applique déjà, ce qui arrive
Le règlement européen sur l'IA n'est pas une échéance unique : c'est un calendrier en quatre temps, étalé de 2025 à 2028. Trois de ces quatre étapes sont déjà derrière nous. Voici ce qui vous oblige aujourd'hui, et ce qui vous laisse encore du temps.
Interdictions et littératie IA en vigueur
Applicable depuis le 2 février 2025
Deux volets sont entrés en application ce jour-là. L'article 5 interdit purement et simplement certaines pratiques : notation sociale, manipulation subliminale, extraction non ciblée d'images faciales, reconnaissance des émotions au travail et à l'école. L'article 4, lui, impose la littératie IA : toute organisation qui déploie de l'IA doit s'assurer que les personnes qui l'utilisent en comprennent le fonctionnement, les limites et les risques.
Modèles à usage général et sanctions en vigueur
Applicable depuis le 2 août 2025
Les fournisseurs de modèles à usage général (GPAI) doivent documenter leurs modèles, publier un résumé des données d'entraînement et respecter le droit d'auteur européen. C'est aussi la date à laquelle la gouvernance s'est mise en place — Bureau européen de l'IA, autorités nationales — et à laquelle le régime de sanctions est devenu opérationnel.
Obligations de transparence en vigueur
Applicable depuis le 2 août 2026
C'est le volet qui touche le plus grand nombre d'organisations. Un système d'IA qui interagit avec une personne doit le lui dire. Un contenu synthétique — texte, image, son, vidéo — doit être identifiable comme tel, y compris par marquage lisible par machine. Un deepfake doit être déclaré. La reconnaissance des émotions et la catégorisation biométrique doivent être annoncées aux personnes concernées.
Systèmes à haut risque à venir
Applicable au 2 décembre 2027 — annexe I : 2 août 2028
Les obligations lourdes concernent les systèmes classés à haut risque : recrutement et gestion des ressources humaines, éducation, accès aux services essentiels, infrastructures critiques, biométrie, migration. Système de gestion des risques, gouvernance des données, documentation technique, journalisation, supervision humaine, évaluation de conformité. Le calendrier initial a été décalé pour laisser le temps aux normes techniques d'arriver.
Par où commencer, concrètement
La conformité IA ne commence pas par du juridique. Elle commence par un inventaire, et il tient sur une page.
1. Listez les outils, pas les technologies. « Un LLM » n'est pas une entrée d'inventaire. « Le chatbot du site », « le tri automatique des candidatures », « le résumé de réunion dans Teams » en sont.
2. Pour chacun, notez votre rôle. Fournisseur si vous le développez ou le mettez sur le marché, déployeur si vous l'utilisez. Dans la grande majorité des cas : déployeur — et les obligations sont bien plus légères.
3. Vérifiez l'affichage. Tout ce qui parle à un humain ou produit du contenu doit le signaler. C'est souvent une ligne de texte à ajouter.
4. Écrivez ce qu'on peut mettre dans un prompt. Une page suffit. C'est la mesure de littératie IA la plus rentable qui existe.
Sources : texte du règlement (UE) 2024/1689 et calendrier d'application. Cette page est une synthèse de veille, pas un avis juridique.
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